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Raviver la flamme dans son couple quand la routine a pris le dessus

Par Véronique Bergeot ·

Un couple qui se promène main dans la main et en riant sur les quais de Bordeaux, au coucher du soleil

Raviver la flamme, c'est souvent la demande qui se cache derrière la première séance de coaching de couple. On ne me dit pas « on ne s'aime plus ». On me dit « on vit comme des colocataires », « on ne se parle plus que des courses et des enfants », « je ne sais plus quand on a ri ensemble pour la dernière fois ».

Je suis coach de couple, sophrologue et hypnothérapeute à Bordeaux, et j'accompagne des couples au cabinet lors de séances d'une heure trente à deux heures. Je n'ai pas de recette miracle, et je me méfie de celles qu'on trouve partout. Mais il y a des choses qui aident vraiment, et la recherche sur les couples en confirme plusieurs. Les voici.

Pourquoi la flamme baisse, même quand on s'aime

Au début, tout est nouveau. On découvre l'autre, on fait des choses pour la première fois ensemble, on se surprend. Puis la vie s'installe : le travail, le logement, parfois les enfants, la charge de tout organiser. Ce n'est pas un échec, c'est le cours normal des choses. Mais la nouveauté disparaît, et avec elle une partie de l'élan.

Des chercheurs de l'université de Stony Brook, à New York, se sont intéressés à ce phénomène. Dans une série d'enquêtes et d'expériences, ils ont montré que les couples qui partagent des activités nouvelles et stimulantes rapportent davantage de satisfaction, et que l'ennui joue un rôle dans la baisse habituelle de la qualité de la relation après les premiers temps. C'est plutôt une bonne nouvelle : l'ennui, ça se travaille.

Ce que j'observe souvent au cabinet, c'est que les couples ne manquent pas d'amour. Ils manquent de moments où ils sont autre chose que des gestionnaires de la maison.

Retrouver de la nouveauté à deux

C'est la piste la plus simple et la plus sous-estimée. Dans les expériences de l'équipe de Stony Brook, il suffisait de sept minutes d'une activité nouvelle et un peu stimulante, faite à deux, pour que les couples rapportent une meilleure qualité de relation qu'après une activité banale.

Il ne s'agit pas de partir au bout du monde. Il s'agit de sortir de vos habitudes communes :

  • tester un restaurant d'une cuisine que vous ne connaissez pas ;
  • apprendre quelque chose ensemble, un pas de danse, une recette, une langue ;
  • faire une randonnée sur un chemin que vous n'avez jamais pris ;
  • aller voir un spectacle que ni l'un ni l'autre n'aurait choisi seul ;
  • revisiter un lieu de vos débuts, en y faisant quelque chose de nouveau.

L'exercice que je propose aux couples

Chacun écrit, de son côté, trois idées d'activités nouvelles qui lui feraient plaisir à deux, réalisables dans le mois. Puis vous échangez vos listes, et chacun choisit une idée dans la liste de l'autre. Vous avez deux rendez-vous, et chacun a fait un pas vers l'envie de l'autre.

Et quand on vit à distance ?

La distance enlève justement les petits moments partagés qui entretiennent la complicité. Il faut donc les recréer volontairement. Fixez des rendez-vous en visio qui ne servent pas qu'à régler la logistique : un dîner « ensemble » chacun chez soi, un film lancé en même temps, un livre que vous lisez tous les deux et dont vous parlez. Envoyez de temps en temps un message qui sort de l'ordinaire, un souvenir, une photo de quelque chose qui vous a fait penser à l'autre. Et prévoyez toujours la prochaine fois que vous vous verrez. Avoir une date en vue change beaucoup la façon de vivre l'attente.

Se regarder à nouveau au quotidien

La flamme ne se joue pas seulement dans les grands moments. Elle se joue dans les petites attentions de tous les jours, ou dans leur absence.

Dix minutes sans logistique

Réservez dix minutes par jour, sans écran, pour parler d'autre chose que de l'organisation. Qu'est-ce qui t'a fait plaisir aujourd'hui ? Qu'est-ce qui t'a agacé ? À quoi tu penses en ce moment ? C'est court, et c'est souvent ce qui manque le plus aux couples que j'accompagne. Si dix minutes paraissent impossibles, commencez par cinq, le soir une fois les enfants couchés ou pendant un trajet en voiture.

Remarquer ce que fait l'autre

Avec le temps, on ne voit plus ce que l'autre fait. On voit surtout ce qu'il ne fait pas. Pendant une semaine, essayez de dire chaque jour un merci précis : pas « merci pour tout », mais « merci d'avoir appelé ma mère, je n'avais pas la force ». Se sentir vu, c'est la base de la complicité. J'ai écrit un article entier sur ce que provoque le manque de considération, et le couple n'y échappe pas.

Le corps aussi

Un bras autour des épaules, une main qu'on prend en marchant, un vrai baiser en partant le matin plutôt qu'un rapide au revoir. Ces gestes disparaissent souvent sans qu'on s'en rende compte. Les remettre volontairement peut sembler artificiel au début. Ça ne le reste pas longtemps. Et si vous ne savez pas par où commencer, demandez simplement à l'autre ce qui lui fait du bien : on suppose souvent, on demande rarement. Même après des années de vie commune, la réponse surprend parfois.

Parler des sujets qui fâchent sans tout abîmer

Raviver la flamme ne veut pas dire éviter les conflits. Un couple où l'on ne se dispute jamais est parfois un couple où l'on ne se dit plus rien. Ce qui compte, c'est la façon de se disputer.

Le chercheur américain John Gottman a passé des décennies à observer des couples. Dans une étude sur 73 couples suivis pendant quatre ans, son équipe a montré que les couples les plus en difficulté se distinguaient par plus d'expressions négatives, moins d'expressions positives, plus d'entêtement, de retrait et d'attitude défensive, et qu'ils étaient plus nombreux à envisager la séparation ou à se séparer.

Une autre étude, menée sur 124 couples de jeunes mariés, va plus loin : la façon dont commençait une discussion sur un sujet de désaccord, dès ses trois premières minutes, permettait de prédire les séparations sur les six années suivantes. Le début compte énormément.

Commencer doucement

Avant d'aborder un sujet sensible, posez-vous une question : est-ce que je commence par un reproche ou par ce que je ressens ? « Tu ne t'occupes jamais de rien » ferme la discussion. « Je me sens débordée en ce moment, j'aimerais qu'on regarde ensemble comment s'organiser » l'ouvre.

Faire une pause quand ça monte

Quand la colère monte trop, on n'écoute plus, on se défend. Convenez à l'avance d'un mot pour faire une pause, et d'un délai pour reprendre, par exemple vingt minutes. Pendant ce temps, éloignez-vous, respirez lentement en allongeant l'expiration, marchez. Puis revenez. Une pause n'est pas une fuite si elle a une heure de retour.

Alléger ce qui pèse sur le couple

Il est difficile de se désirer quand on est épuisé, ou quand l'un des deux porte presque seul l'organisation de la maison. La fatigue et le sentiment d'injustice tuent la flamme plus sûrement que la routine.

Si c'est votre cas, regardez la répartition de ce qui fait tourner le foyer, pas seulement les tâches, mais aussi le fait d'y penser. J'en parle en détail dans mon article sur la charge mentale. Et si le sommeil est en vrac depuis des mois, commencez par là : mes conseils pour mieux dormir peuvent vous aider, tout comme quelques repères pour gérer son stress et ses émotions.

Quand se faire accompagner

Un coaching de couple peut aider quand les mêmes disputes reviennent sans jamais se régler, quand vous ne vous parlez plus que d'organisation, ou quand l'un de vous envisage de partir sans oser le dire. En séance, je donne à chacun un espace pour parler et être entendu, on travaille sur la façon d'aborder les sujets difficiles, et vous repartez avec des exercices à faire entre deux rendez-vous. La sophrologie peut compléter quand le stress de l'un ou de l'autre prend toute la place.

Le coaching ne remplace pas un avis médical. Si l'un de vous traverse une dépression, un épuisement profond ou une souffrance importante, parlez-en d'abord à votre médecin.

Et une limite très claire : s'il y a des violences, qu'elles soient physiques, verbales, psychologiques, sexuelles ou économiques, ce n'est pas un problème de communication, et un coaching de couple n'est pas adapté. L'Assurance maladie rappelle que le 3919 Violences Femmes Info écoute et oriente les victimes et leur entourage, gratuitement et anonymement. Ce n'est pas un numéro d'urgence : en cas de danger, appelez le 17, ou envoyez un SMS au 114.

Je propose le coaching de couple au cabinet, rue Ducau, comme accompagnement de thérapie de couple à Bordeaux. Une séance dure de une heure trente à deux heures et coûte 150 € ; tous les tarifs sont sur la page tarifs, et mon parcours sur la page à propos. En attendant, essayez l'exercice des trois idées cette semaine. C'est un petit pas, et vous le faites à deux.

Questions fréquentes

Comment raviver la flamme dans un couple ?

En recréant de la nouveauté à deux, même petite, et de l'attention au quotidien. Une activité que vous n'avez jamais faite ensemble, dix minutes par jour sans écran pour parler d'autre chose que de l'organisation, un intérêt réel pour ce que vit l'autre. Ce ne sont pas les grands gestes qui comptent le plus, c'est la régularité.

Comment raviver la flamme dans un couple à distance ?

La distance enlève les petits moments partagés, il faut donc les recréer volontairement. Fixez des rendez-vous réguliers en visio qui ne servent pas qu'à régler la logistique, partagez une activité à distance, comme un film regardé en même temps ou un livre lu à deux, et prévoyez à l'avance le prochain moment ensemble. Avoir une date en vue aide beaucoup.

Peut-on raviver la flamme par SMS ?

Un message peut entretenir le lien, surtout s'il sort de la logistique habituelle. Un souvenir, un compliment précis, une pensée dans la journée. Mais un message ne remplace pas un vrai moment ensemble ni une conversation sur ce qui ne va pas. Utilisez-le comme un pont vers la prochaine fois que vous vous verrez.

Quand faut-il consulter pour son couple ?

Quand les mêmes disputes reviennent sans jamais se régler, quand vous ne vous parlez plus que de l'organisation, ou quand l'un de vous pense à partir sans oser le dire. Un coaching de couple aide à remettre du dialogue. En revanche, en cas de violences, ce n'est pas un coaching qu'il faut : appelez le 3919 ou, en cas de danger, le 17.

Sources

  1. Aron A et al., Couples' shared participation in novel and arousing activities and experienced relationship quality, J Pers Soc Psychol, 2000
  2. Gottman JM et al., Marital processes predictive of later dissolution: behavior, physiology, and health, J Pers Soc Psychol, 1992
  3. Carrère S et al., Predicting divorce among newlyweds from the first three minutes of a marital conflict discussion, Fam Process, 1999
  4. Assurance maladie (ameli.fr), Que faire quand on est une femme victime de violences ?

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