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Hypnose ericksonienne : quel danger réel, et quand l'éviter ?

Par Véronique Bergeot ·

Une femme détendue dans un fauteuil, les yeux fermés, face à une praticienne qui lui parle doucement, dans une pièce pleine de plantes

Avant une première séance, la question revient presque toujours, parfois à demi-mot : est-ce que c'est dangereux ? L'hypnose ericksonienne traîne une image de spectacle, de personnes qui caquettent sur scène, et l'idée d'un danger pour l'esprit inquiète. C'est une question saine, et elle mérite mieux qu'un « mais non, aucun risque ».

Je pratique l'hypnose ericksonienne au cabinet, à Bordeaux. Je crois à ce qu'elle peut apporter, et c'est justement pour ça que je préfère être précise sur ses limites. Dans les lignes qui suivent, vous trouverez ce qui relève du mythe, ce qui relève d'un vrai risque, les situations où je la déconseille et les questions à poser avant de vous allonger dans le fauteuil de quelqu'un.

Ce qui se passe vraiment pendant une séance d'hypnose ericksonienne

L'hypnose ericksonienne doit son nom au psychiatre américain Milton Erickson. Sa particularité : on n'y donne pas d'ordres. Je vous guide avec la voix, vers un état de concentration tournée vers l'intérieur, à l'aide d'images, de métaphores, de souvenirs agréables que vous choisissez.

Vous n'êtes pas endormi. La plupart des personnes que j'accompagne entendent tout, sentent le fauteuil, la température de la pièce. Certaines ont l'impression de « ne pas avoir été hypnotisées » parce qu'elles s'attendaient à un trou noir. En réalité, c'est un état que tout le monde connaît : quand vous conduisez sur un trajet habituel et que vous arrivez sans vous souvenir des derniers kilomètres, vous étiez déjà dans une forme de transe légère.

Une séance chez moi dure une heure. On commence par parler de ce qui vous amène et de ce que vous aimeriez voir changer. Ensuite vient le temps d'hypnose proprement dit. Puis on reprend la parole, pour mettre des mots sur ce que vous avez vécu.

Les idées reçues qui font peur

« On perd le contrôle »

C'est la peur numéro un, et elle vient surtout de l'hypnose de spectacle, où les volontaires sont choisis pour leur envie de jouer le jeu. En séance, vous pouvez refuser une suggestion, bouger, ouvrir les yeux, me dire que l'image proposée ne vous convient pas. Ça arrive, et c'est très bien : ça me permet d'ajuster.

« On peut ne pas se réveiller »

Personne ne reste coincé en hypnose. Si je quittais la pièce, vous finiriez par rouvrir les yeux de vous-même, ou par vous endormir et vous réveiller comme après une sieste. Il arrive en revanche qu'on se sente un peu cotonneux pendant quelques minutes après la séance. C'est pour ça que je ne vous laisse pas repartir tant que vous n'êtes pas bien revenu.

« On va me faire dire mes secrets »

Sous hypnose, vous ne dites que ce que vous voulez bien dire. Vous n'êtes pas sous l'effet d'un sérum de vérité. Et ce que vous me confiez reste entre nous.

Les vrais risques, ceux dont on parle peu

Écarter les fantasmes ne veut pas dire qu'il n'y a rien à surveiller.

Des effets désagréables, rares et passagers

Après une séance, certaines personnes ressentent une fatigue, un léger mal de tête, un vertige au moment de se lever, ou une émotion qui remonte plus fort que prévu. Les données publiées sont plutôt rassurantes. Une analyse des essais cliniques ayant utilisé l'hypnose n'a retrouvé aucun effet indésirable grave attribuable à l'hypnose, et 0,47 % d'effets indésirables moins sérieux. L'auteur note toutefois que beaucoup d'essais ne déclaraient pas ces effets, et qu'il s'agissait surtout de contextes médicaux (douleur, actes à l'hôpital). Une revue allemande de méta-analyses va dans le même sens : pas plus d'effets secondaires avec l'hypnose qu'avec les approches de comparaison.

Les faux souvenirs

C'est le risque le plus sérieux, et l'ancien discours qui affirmait qu'il « n'existe pas » était faux. Quand on utilise l'hypnose pour aller chercher des souvenirs, en particulier dans ce qu'on appelle la régression, on peut fabriquer sans le vouloir des souvenirs qui semblent vrais. Une revue récente sur l'hypnose et la mémoire recommande la plus grande prudence avec ces techniques. Le rapport de l'Inserm sur l'hypnose rappelle aussi que l'hypnose a été accusée d'avoir fait « retrouver » des traumatismes d'enfance qui n'avaient pas eu lieu, avec des conséquences humaines et judiciaires lourdes.

Je ne cherche pas, en séance, à « découvrir » des événements oubliés de votre passé. On travaille sur ce que vous vivez aujourd'hui et sur ce que vous voulez changer.

Le praticien, plus que la technique

Pour l'Inserm, le risque tient surtout à des questions d'éthique : la suggestibilité ouvre la porte à des abus, et le statut d'hypnothérapeute n'est pas réglementé en France. Le même rapport souligne un autre danger, plus discret : retarder une prise en charge médicale dont on aurait eu besoin. L'hypnose ne remplace pas un avis médical. Une douleur qui dure, une fatigue inexpliquée, un sommeil qui se dégrade depuis des semaines, c'est d'abord votre médecin qu'il faut voir.

Quand l'hypnose est déconseillée

Il existe de vraies contre-indications, et je les prends au sérieux. Le service public de santé britannique, le NHS, indique que l'hypnothérapie peut ne pas être sûre pour les personnes atteintes de schizophrénie, ayant des antécédents de psychose, ou souffrant d'épilepsie. Le rapport de l'Inserm signale lui aussi la schizophrénie comme la principale restriction.

En pratique, je n'accompagne pas en hypnose :

  • les personnes qui vivent ou ont vécu des épisodes psychotiques ;
  • les personnes dont l'épilepsie n'a pas été discutée avec leur neurologue ;
  • une personne en grande détresse, avec des idées noires, qui a besoin d'abord d'un médecin ;
  • quelqu'un qui vient me voir à la place d'un suivi médical, plutôt qu'en complément.

Pour un trouble bipolaire, une dépression suivie ou un traitement psychiatrique en cours, j'en parle avec vous avant toute chose, et je vous demande l'accord de votre médecin. Parfois, la sophrologie, plus ancrée dans le corps et la respiration, sera un meilleur choix.

Ce que je fais pour que la séance reste sûre

Lors du premier rendez-vous, je pose des questions sur votre santé, vos traitements, votre suivi médical. Ce n'est pas de la curiosité : c'est ce qui me permet de savoir si l'hypnose est adaptée, ou s'il vaut mieux orienter vers autre chose.

Je vous explique ensuite ce que je vais faire avant de le faire. Pas de surprise, pas d'induction brutale. Je vérifie les images que vous aimez et celles que vous n'aimez pas : certaines personnes adorent la mer, d'autres en ont peur, et ça change tout.

Pendant la séance, j'observe votre respiration, votre visage, vos mains. Si une émotion forte arrive, on ralentit, on revient au corps, au contact du fauteuil. Je peux interrompre à tout moment. Et à la fin, je prends le temps du retour : vous ne quittez pas le cabinet encore dans le flou.

Enfin, je connais mes limites. Quand une situation sort de mon champ, je le dis et je vous oriente vers un médecin ou un professionnel de santé.

Choisir un praticien en qui avoir confiance

Puisque n'importe qui peut se dire hypnothérapeute, voici les questions que je vous conseille de poser, à moi comme à n'importe qui :

  • Où vous êtes-vous formé, combien de temps, et à quelle hypnose ?
  • Adhérez-vous à une charte éthique ou à une organisation professionnelle ?
  • Que faites-vous si la séance réveille quelque chose de difficile ?
  • Vos tarifs sont-ils affichés à la séance, sans forfait imposé ?

Méfiez-vous de quiconque vous promet de tout régler en une séance, vous propose de « retrouver » des souvenirs enfouis, ou vous suggère d'arrêter un traitement. Ce sont des signaux d'alarme, quelle que soit la sympathie de la personne.

Pour ma part, je suis sophrologue et hypnothérapeute, diplômée du CEAS à Paris et de la Sophrology Academy. Vous trouverez mon parcours sur la page à propos et mes tarifs affichés clairement. Si vous vous demandez dans quelles situations l'hypnose peut être utile, j'en parle plus en détail dans mon article sur l'hypnose et ce qu'elle peut apporter et dans celui sur les situations où l'hypnothérapie peut aider. Et si vous hésitez avec la sophrologie, je décris comment se passe une séance de sophrologie.

Votre première séance d'hypnose au cabinet

Vous n'avez rien à préparer. Venez avec une tenue confortable et, si vous suivez un traitement, dites-le-moi dès le début. On commence toujours par discuter. Si quelque chose vous inquiète, posez la question : il n'y a pas de question bête quand il s'agit de votre tête.

Je propose l'hypnose pour adultes uniquement en présentiel, dans mon cabinet du 102 rue Ducau. Si vous habitez la région, vous trouverez aussi tous les détails pratiques sur ma page hypnose ericksonienne à Bordeaux. Et si, après lecture, vous sentez que ce n'est pas pour vous, c'est une réponse tout aussi valable.

Questions fréquentes

Peut-on rester bloqué sous hypnose ?

Non. L'état hypnotique ressemble à ces moments où l'on est absorbé par un livre : si je me taisais, vous finiriez simplement par rouvrir les yeux, ou par vous assoupir puis vous réveiller normalement. En fin de séance, je prends toujours quelques minutes pour vous ramener tranquillement, et je vérifie que vous êtes bien présent avant que vous repartiez.

Peut-on me faire faire quelque chose contre ma volonté sous hypnose ?

En séance, vous gardez la capacité de dire non. Si une suggestion ne vous convient pas, elle ne prend pas, et vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment. Le vrai risque n'est pas un pouvoir magique du praticien, c'est un praticien sans éthique qui profite de la confiance qu'on lui accorde. C'est pour cela que le choix de la personne compte autant.

Combien de séances d'hypnose faut-il ?

Pour un objectif précis, comme une appréhension avant un événement, quelques séances suffisent souvent. Pour une difficulté installée depuis longtemps, il en faut davantage. Je fais le point avec vous après chaque rendez-vous et vous restez libre d'arrêter quand vous le souhaitez. Mes tarifs sont à la séance, sans forfait payé d'avance.

Peut-on faire de l'hypnose en visio avec vous ?

Non. Je pratique l'hypnose uniquement au cabinet, rue Ducau à Bordeaux. J'ai besoin d'être dans la même pièce pour observer votre respiration, vos micro-mouvements, et ajuster le rythme. La sophrologie et le coaching, en revanche, se font très bien à distance.

Sources

  1. Bollinger JW, The Rate of Adverse Events Related to Hypnosis During Clinical Trials, Am J Clin Hypn, 2018
  2. Häuser W et al., The Efficacy, Safety and Applications of Medical Hypnosis, Dtsch Arztebl Int, 2016
  3. Leo DG et al., Remembering what did not happen: the role of hypnosis in memory recall and false memories formation, Front Psychol, 2025
  4. Inserm, Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose, rapport d'expertise pour la Direction générale de la santé, 2015
  5. NHS (service public de santé britannique), Herbal medicines and complementary therapies

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